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Victor Ducange "Une Demoiselle De Paris, En 1832"
[ · Скачать удаленно (23.43 Mb) ] 18.06.2009, 15:52

CHAPITRE I.

Qu’elle est jolie !... Vous la connaissez, j’en suis sûr.

Plus d’une fois, sans doute, il vous est arrivé, par un beau jour de juillet ou d’août, entre quatre et cinq heures, d’aller vous mêler à la foule élégante que la mode appelle, et que la fraîcheur d’un bel ombrage retient dans les vastes allées de la royale demeure.

Ou bien aussi, par une douce soirée, un beau ciel de nuit azuré, vos pas appesantis par le poids du jour, heurtés, interrompus par un essaim de beautés, ont, trente fois dans une heure, mesuré la distance entre la rue Laffite et la rue Taitbout, au milieu d’un double rang de femmes éblouissantes, de lanternes où le gaz rayonne, et des bouffées de tabac de nos modernes élégants : enfin, sans métaphore, vous vous êtes promené le matin aux Tuileries, ou le soir à Coblentz ?

Eh bien ! là, dans l’un ou l’autre de ces riants parterres de jeunes demoiselles à la blanche parure, de jolies femmes coquettes, de délicieuses mamans, si votre oeil exercé, observateur, curieux de frais visages et de tailles mignonnes, a scruté ces groupes diaprés, émaillés comme les fleurs ; s’il a fouillé ces charmilles de femmes toutes parées et toutes belles… vous l’avez vue.

- Qui ?

- La demoiselle de Paris ; et, devant cette fraîche et légère figure, moitié grâce et moitié sylphide, dont la forme est si moelleuse et si leste, dont les traits délicats sont pétillants d’esprit, dont le sourire est si fin et le regard si piquant, vous avez suspendu vos pas, et, saisi de ce charme subit qui s’empare de vous à l’insu de vous-même, sans réfléchir, vous avez dit :… Qu’elle est jolie !

Ce mot s’entend toujours… Elle a rougi de plaisir… Sa belle maman a souri ; et, prudente, mais avisée, de ses doigts affectueux, la bonne tante, aux aguets, a relevé soudain autour des jolies épaules de la jeune étourdie, le barège voltigeant et fugitif sous lequel le zéphyr badinait.

C’est un ange, un lutin, un amour… tout ensemble, que cette demoiselle-là ! Combien, sous ses longs cils et sur ses fines lèvres, on voit briller d’esprit, de malice, de gentillesse !... Elle a dix-sept ans… et tous leurs charmes… Ne rêvez rien de plus joli, et… si vous promettez d’être discret, je vous dirai son nom… ne me trahissez pas !... On l’appelle Amanda.


CHAPITRE II.

Elle est à marier…

Vous voilà près déjà de voler aux genoux de sa charmante mère, et de solliciter la protection de la tante… Attendez donc ! vous avez à peine admiré la moitié de ses charmes ; vous ne connaissez encore que sa forme élégante, son spirituel regard et sa jolie parure. Oh ! que ce n’est pas tout ! Une demoiselle de Paris a bien d’autres attraits !

Amanda est un diamant taillé, poli, façonné par l’exquise éducation du jour et du beau monde. Dans le pensionnat renommé dont elle était la gloire et la plus jolie fleur, elle a moissonné toutes les couronnes, et remporté tous les prix de grâces, de chant, de danse, de poésie, d’éloquence, et de l’art de parler des yeux et du visage, ainsi que de la langue, car en tout pensionnat de haute renommée, on joue la comédie.

Pour tout dire en un mot, Amanda est la merveille du jour. Elle sait tout Walter-Scott, Byron, Cooper, Hugo, Sainte-Beuve, et Lamartine ; son esprit a fleuri au vent du romantisme. Elle a peu lu Racine, point du tout Fénelon, et son front, ceint de perles, rougit et se détourne au langage grossier du Malade imaginaire. Mais Amanda, nourrie de la manne féconde des modernes chefs-d’oeuvre, a l’oreille exercée aux accents ingénus de Marion Delorme, et les yeux à l’épreuve du pudique amour d’Antoni.

A toutes ces qualités d’un esprit si brillant et si bien cultivé, joignez que l’aimable enfant, comme toute fille jolie, possède surtout le secret divin d’ajouter à la beauté le sel de la parure, le fard de la coquetterie… Et si vous n’avouez qu’avec autant d’attraits, d’esprit, de grâces et de sentiment, elle n’est la plus parfaite des demoiselles à marier, vous ne méritez pas que son piquant sourire, que son charmant regard, en parcourant l’essaim de ses adorateurs, par hasard, fortune, distraction ou caprice, rencontrent votre coeur…

Mais ne le laissez prendre !.. Il faut vous avertir.


CHAPITRE III.

Amanda va se marier…

- Dieu !... quoi ?... Ciel !

- Ne vous pressez donc pas de vous désespérer ! C’est un petit cousin qui s’en vient l’épouser.

- Ah !...

- Il arrive, pour cela, tout frais de sa province.

- Eh !...

- La malle-poste l’amène.

- Oh ! oh !... De Gonesse ou de Pontoise ?

- A peu près : d’Avallon.

- Heureux petit cousin ! Cousin prédestiné !

- Eh, mais !... peut-être… Vous pensez voir un Dumolet ?... En est-il encore ? N’allez pas non plus, je vous prie, vous figurer, par analogie, à cause de la parenté, un héros de la nouvelle fabrique, un jeune homme superbe et funeste, à la Bocage, quelque peu blême, et fauve, jurant Saint-Christophe ! Notre-Dame ! n’entrant chez vous que par la fenêtre, jamais par la porte, et la rapière au poing, sans guide et sans lanterne, cherchant au clair de la lune, entre le destin et la fatalité, un être inouï, une étoile, un néant, un abîme, une femme !!... à l’usage d’une existence d’homme.

… Tel n’est pas, en général, le citoyen d’Avallon, ni en particulier le prétendu d’Amanda. Le cousin provincial n’a point, sur l’épaule, un cor de chasse, comme Hernani ; il n’a point, dans sa poche, un bon couteau comme Antoni ; même, hélas ! s’il faut tout dire, il n’est (passez-moi le mot, puisque la chose est de bonne compagnie) bâtard ni vagabond. C’est un simple jeune homme, candide, honnête, poli ; ayant connu monsieur son père, ayant chéri madame sa mère ; doué de peu d’esprit, mais de bon sens beaucoup ; de figure… ronde et gaie, rasé jusqu’à l’oreille ; élevé comme on peut l’être dans un fond de province, classiquement instruit jusqu’à sa rhétorique, révérant fort Boileau, s’inclinant, par respect, au grand nom de Corneille, trouvant belle Andromaque, citant le Qu’il mourût, sans remarquer qu’on rit de sa naïveté ; bref, un garçon si simple qu’il ôtait son chapeau même devant une femme, et croyait que l’amour parle et s’exprime encore comme aux temps des amants de Tibulle et d’Ovide, par la timide rougeur, le craintif regard et le tendre respect… IL était loin du siècle, le cousin d’Amanda. Mais il faut observer que le progrès des moeurs ne peut, dans une ville de province, égaler, en vitesse, le rapide essor de Paris… Le voilà.

D’ailleurs, pour se consoler d’être peu romantique, et se faire excuser d’être enfant légitime, le petit cousin prétendant, vu son extrait de baptême dûment homologué, apportait en malle-poste, pour le tout mettre aux pieds de sa belle cousine, vingt mille écus de bonnes rentes, parfaitement classiques, en beau bien paternel, un coeur novice, et son premier amour.

Considérant le premier point, il fut reçu comme un prince… un prince qu’on reçoit bien.


CHAPITRE IV.

Qu’elle est jolie !...

Ce fut aussi tout d’abord, et, dès en arrivant, le cri du petit cousin ; et tout le premier jour, il le passa, à deux genoux, devant la ravissante Amanda, balbutiant : Je vous aime !... et, tout ébloui, mille fois, dans sa candide extase, il s’écria : Dieu ! que les demoiselles de Paris sont belles !... même en comparaison des demoiselles d’Avallon.

Certes, l’enfant disait vrai.

On fêta le prétendu : c’est l’usage. On lui dit les honneurs de la demoiselle à marier : c’est la règle ; et jusques au bonsoir de cette heureuse journée, tout fut enchantement pour le petit cousin.

Le lendemain, la demoiselle montra tous ses talents… Fauvettes et rossignols n’ont jamais eu de ramages aussi légers, aussi brillants que le chant d’Amanda… C’était le zéphyr, lui-même, qui voltigeait, avec ses doigts, sur le clavier d’ivoire… Noblet et Taglioni ont moins de grâces dans leurs bonds, moins de volupté dans leurs pas… Enfin, jamais crayons moelleux, pinceaux délicats, obéissant à des mains plus habiles et plus savantes, n’avaient su mieux saisir et confier au vélin les secrets de la nature…. Il y en avait pourtant quelques-uns, de ces secrets de la nature, que le cousin modeste aurait trouvés mieux placés sous un voile pudique que sous les regards d’une demoiselle… Mais on lui dit qu’à Paris l’on n’y prenait point garde ; que ce sont objets d’arts, choses d’étude, et que tout le monde voit cela… Habitude fait loi : va pour les objets d’arts, pour les choses d’étude : le cousin resta dans l’ivresse.

Quant au code du ménage, on n’en parla point ce jour-là.

Le lendemain, on fut au bois ; le temps y invitait.

On roulait dans un char ouvert. La gaze et le barège, gonflés, arrondis par le vent et la course autour du front d’Amanda, lui formaient, comme l’écharpe d’Iris, une auréole de pourpre et d’argent. La jeune fille était une déesse.

Trente cavaliers, jeunes, hardis, bien tournés, au poil hérissé sur la lèvre, à la barbe gauloise, fermes et moelleux sur l’étrier, légèrement et tour à tour passaient, galopaient, voltigeaient aux portières de la calèche ; venaient, en paladins, caracoler autour des dames, échanger un mot, jeter un bouquet ; puis emportaient, à travers le vent et la poussière, un salut, un coup d’oeil, un sourire d’Amanda, dont le regard animé du vermillon de ses joues poursuivait, dans la carrière, les fougueux destriers et leurs cavaliers intrépides…

- Maman ! voilà le jeune duc. - Salue donc le chevalier. - Bonjour, Arthur ! - Vois donc ! vois donc comme Alfred se tient bien ! - Ah ! maman, le joli chanteur à la mode : invite-le à dîner. - A propos ! Isidore ! avez-vous encore votre alezan ? - Répondez-donc, ma tante, le baron nous salue… - Ah !... ciel !... Arrêtez !... Pardon, maman… Albert, mon éventail est tombé…

Pas un beau cavalier ne passait sans avoir le salut d’Amanda.

Eh, eh ! songeait le cousin, il me paraît que ma cousine connaît beaucoup de beaux messieurs !... Oh ! c’est sans doute encore un usage de Paris… Nous sommes trop sauvages en province… Et d’ailleurs, quand on est si belle, peut-on passer inaperçue ?...

Cependant le cousin devenait un peu pensif… mais il aimait toujours : Elle était si jolie !


CHAPITRE V.

Le lendemain, il y avait bal.

Un bal de Paris !... Quand on eut allumé, quand les salons furent pleins, le cousin d’Avallon se crut au sein de l’Olympe, et pensa voir la cour de Vénus… Néanmoins, les messieurs tout noirs et sans linge, quoique fort bien tournés, dérangeaient quelque peu son illusion mythologique, et, pour la circonstance, il les trouvait funèbres… Mais Amanda ! oh ! Amanda !... c’était Flore, Aglaé, Terpsichore, toutes les Muses, toutes les Grâces, toutes les Nymphes, sous les traits d’une sylphide, d’un lutin, d’un amour… C’était une demoiselle au bal.

Tous les élégants cavaliers du bois, et beaucoup d’autres, avaient pris dès long-temps leur tour de contredanse et leur rang d’inscription. Le petit cousin venait un peu tard : il invita… - La dix-septième. - Dieu !... - Toutes les autres sont retenues.

Ne danser qu’une fois avec elle !... la dix-septième ! Mais ne la voyait-il pas chasser, balancer et faire le moulinet avec les plus beaux danseurs de Paris ?... Qu’elle était légère, et piquante, et jolie ! on eût pu croire, à ses charmants sourires, à ses coquets regards, qu’elle avait entrepris de faire la conquête de tous les cavaliers…

- La valse, messieurs !

- Ciel ! la valse ! répéta le cousin ; on valse donc à Paris ? Ah ! du moins, mademoiselle, ma cousine, avec moi seul, je vous en prie !

- Impossible, mon cousin ; j’ai mon valseur pour tout l’hiver ; M. Amédée : c’est le plus fort de Paris.

Le signal est donné ; l’archet résonne, un cercle étroit s’ouvre avec peine, et vingt couples charmants, deux à deux enlacés avec grâce, souplesse et volupté, partent, se suivent, s’atteignent, se croisent et se défient sur le parquet glissant… Le cousin n’en suit qu’un du regard… le plus joli, le plus ardent… et contemple à loisir comme on valse bien à Paris.

Bientôt tous les autres couples s’arrêtent ; Amanda et son beau danseur restent seuls dans l’arène, qui s’élargit pour eux. Animés, infatigables, de plus en plus légers, c’est alors qu’il faut les voir ! ils ne dansent plus, ils tourbillonnent, ils volent : la sauteuse a triplé la mesure. On les admire, on les excite… Unis, serrés, les pieds entre les pieds, les genoux s’effleurant, ils semblent ne plus former qu’un seul être, et n’avoir plus qu’un même souffle, un même élan, tant leur mouvement rapide est égal, tant leurs bonds sont d’accord, tant la flexible taille de la légère Amanda obéit aisément au bras nerveux qui l’étreint et l’enlève, à la main qui la presse, la ramène et la guide… jusqu’au moment où, palpitante, enivrée, les joues en feu, et le sein haletant, la valseuse, étourdie, tombe enfin sans haleine, riante et folle, dans les bras du danseur, qui, fier de la victoire, la rapporte à sa mère, enchantée des bravos… C’était charmant, divin, éblouissant à voir !... En effet, le cousin semblait tout ébloui, et disait tout sérieux ; Peste ! que les demoiselles de Paris valsent bien !... Oh ! il n’avait rien vu ; il n’était pas au bout, le cousin d’Avallon !

- Le galop, messieurs !

Pour le coup, le cousin bondit sur sa banquette… Il court, il vole vers la maman : elle était entourée d’un cercle d’adulateurs.

- Madame, est-ce une erreur ? Ai-je bien entendu ? Quoi ! réellement… le galop ?

- Le galop, certainement, mon cher petit cousin ; c’est le triomphe d’Amanda ; elle y excelle, elle s’y surpasse : aussi, pas un bal comme il faut où je ne sois priée, où ma fille ne le danse : c’est la fureur cet hiver : vous allez voir… Tenez !... on se range… on fait silence… Voilà son cavalier, le danseur à la mode, le seul qui soit de sa force au galop… Voyez ! voyez ! on applaudit d’avance… Ils partent !... on bat des mains… C’est charmant ! charmant !... Mais applaudissez donc ma fille, petit cousin.

Le cousin ne dit mot, mit ses mains dans ses poches, et regarda au plafond… Quelque chose, aurait-on dit, blessait sa vue, embarrassait sa contenance… Je ne sais vraiment ce que ce pouvait être, car le couple galopant… galopait à ravir… Le prétendu d’Avallon aurait peut-être préféré que sa fiancée figurât le menuet d’Exaudet… un peu moins près de son cavalier… Qu’on est ridicule en province ! ne s’avisait-il pas de grommeler dans son coin (tout bas) : La police interdit, aux guinguettes, certaine danse… dont la pudeur proscrit jusqu’au nom : la décence qu’on exige du peuple est-elle donc bannie des salons ?... Le méchant trait du petit pédant sentait un peu le provincial. Pourtant il ajoutait, avec quelque bon sens : Après tout, si c’est l’usage de Paris… si c’est la mode de galoper, comme… alors… au fait… et puis, les demoiselles de Paris galopent si joliment !... Cependant…

On ne se coucha qu’au jour ; et sur son traversin, le cousin d’Amanda ne trouva point de songes couleur de rose… Mais il aimait encore… Et le lendemain matin, elle était si charmante, devant son piano, en petite tablier de pourpre sur une robe de neige… Oh ! demoiselles de Paris ! que vous êtes jolies ! le matin comme le soir, et le soir comme le matin.


CHAPITRE VI.

Le lendemain, pour se reposer du bal, on allait au théâtre. Les plaisirs se suivaient par ordre progressif… Bon ! songea le cousin ; jusqu’ici je n’ai vu, de ma belle cousine, que les grâces, les talents, et l’esprit un peu coquet. Les qualités de l’âme sont l’essentiel… La comédie, m’a-t-on dit au collége, est l’école des moeurs… et le miroir du coeur… Nous allons voir un drame ! O Dieu ! fais donc ce soir que le charmant visage de ma vive cousine soit le miroir de son âme !

Le soir vient ; on dîne à peine ; depuis longtemps l’impatience éclate au front d’Amanda ; elle adore le spectacle… L’heure sonne… Partons, maman !... On s’enveloppe d’écharpes, on jette des châles dans la calèche, on vole… Enfin, on est au temple de Thalie, et le dernier coup d’archet fait lever le rideau, au milieu d’un long murmure d’attente et d’intérêt.

La pièce était nouvelle, de l’auteur à la mode, et le sujet du poëme un des chefs-d’oeuvre de l’époque : on attendait merveille.

Au premier acte, pourtant, chétif se montrait le drame ; rien qu’un petit adultère, encore en perspective : c’était maigre pour le temps ; cela donnait peu d’espoir. - C’est froid, disait Amanda ; l’auteur fait mieux habituellement. - Attends, ma fille, attends ; laisse-le commencer ; il est si riche d’intérêt !

Au second acte, un inceste… A la bonne heure ! on s’en doutait. - L’intérêt va venir, mon cousin.

Au troisième acte, deux adultères… On commençait à pleurer, on ouvrait les flacons… - Vous n’êtes pas ému, mon cousin ?

Au quatrième acte, trois incestes… Les loges s’inondaient de pleurs, les trépignements du parterre se mêlaient aux bravos des galeries, le mouvement onduleux des chapeaux et des plumes manifestait l’émotion des dames ; trois jolies femmes s’évanouissaient ; Amanda sanglotait… - Vous n’admirez pas, mon cousin ?

Au cinquième acte, confusion générale, mélange inextricable d’adultères et d’incestes ; pères, mères, époux, femmes, filles, gendres, enfants, amis, voisins, valets, tout le monde en est, je crois même le souffleur. Le cintre allait crouler sous les applaudissements. Le monstrueux délire de ces folles passions, de ces hideuses orgies de la débauche, des visages plâtrés des acteurs, avait passé sur les traits frémissants, convulsifs des spectatrices de tout âge, des jeunes filles et des mères, des épouses et des fiancées… La moitié de la salle était dans l’ivresse ; l’autre… stupéfaite…. On voyait les nerfs d’Amanda tressaillir autour de sa bouche… hélas ! encore parée des grâces enfantines ; ses jolis yeux de demoiselle, que le pur éclat de son âge eût seul rendus si beaux, étaient inondés de pleurs ; et son sein jeune et frais, qu’un amour innocent, peut-être, n’avait pas même agité, palpitait sous les brûlantes impressions du vice, jeté nu sur la scène.

Le petit cousin était pourpre, et sa pudeur de jeune amant, en présence de sa fiancée, ruisselait en sueur de son front.

On essuyait ses yeux, on mettait les châles, on exprimait ses émotions.

- Ah ! maman ! quel intérêt ! quelle vérité ! quel amour de femme ! que c’est nature !... Regarde donc comme j’ai pleuré !

- Vous voyez, petit cousin, comme ma fille est sensible, nerveuse, impressionnable… Pauvre Amanda ! elle comprend tout cela ; n’est-ce pas, mon enfant ?

- Ah ! maman ! quelle soirée charmante ! Nous reverrons cette pièce.

………………………………

Le lendemain, au déjeuner, le petit cousin ne paraissait point…. C’est qu’il dort. - Montez chez lui, Joseph ; appelez-le…

- Madame, la chambre de monsieur était ouverte, ce billet sur la table…

- Et lui ?...

Le billet répondit… Le petit cousin était sur le chemin d’Avallon…

- L’impertinent !...

- Ne te fâche donc pas, maman ! c’est un petit sot… N’aie pas peur que je manque de mari, va !

Je le crois bien, vraiment ! Elle est si jolie, Amanda !

Ce soir-là sa charmante mère la mena voir… Un de plus.




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